Alerte réglementaire

MDR 2025 : les 5 erreurs les plus courantes des fabricants de DM

Publié le 22 mars 2025 · Temps de lecture : 11 min

Le Règlement (UE) 2017/745 sur les dispositifs médicaux (MDR) est pleinement applicable depuis mai 2021, et les périodes transitoires touchent à leur fin. En 2025, les organismes notifiés, les autorités compétentes et le marché sont désormais en régime permanent. Pourtant, de nombreux fabricants continuent de commettre des erreurs qui retardent leur mise en conformité, compromettent leur accès au marché européen et génèrent des surcoûts évitables.

Après avoir accompagné des dizaines de fabricants dans leur transition vers le MDR, voici les 5 erreurs les plus fréquentes que nous observons sur le terrain — et surtout, comment les éviter.

1

Sous-estimer l'évaluation clinique

C'est de loin l'erreur la plus fréquente et la plus coûteuse. De nombreux fabricants considèrent encore l'évaluation clinique comme un exercice purement documentaire, une revue de littérature à expédier rapidement. Sous le MDR, c'est un piège fatal.

Ce que le MDR exige réellement :

  • •Un plan d'évaluation clinique rigoureux avec des critères d'acceptation définis a priori
  • •Une revue de littérature systématique et reproductible, avec une stratégie de recherche documentée et des critères d'inclusion/exclusion transparents
  • •Pour les dispositifs de classe III et les implantables : des restrictions sévères sur l'utilisation de l'équivalence clinique, rendant souvent des investigations cliniques nécessaires
  • •Un plan de PMCF (Post-Market Clinical Follow-up) démontrant l'engagement à collecter des données cliniques en continu

Impact concret :Un rapport d'évaluation clinique insuffisant est la première cause de rejet par les organismes notifiés. Les allers-retours peuvent ajouter 6 à 12 mois à votre calendrier de marquage CE et des dizaines de milliers d'euros de coûts supplémentaires.

La solution : Investissez dans une évaluation clinique solide dès le départ. Faites-la réaliser ou revoir par un expert clinique et réglementaire. Le coût initial est toujours inférieur au coût des retards et des rejets.

2

Négliger la PRRC ou mal définir son rôle

L'obligation de désigner une Personne Responsable de la Conformité Réglementaire (PRRC)selon l'Article 15 du MDR est encore mal comprise par de nombreux fabricants. Certains la considèrent comme une formalité, d'autres ne savent tout simplement pas par où commencer.

Les erreurs les plus courantes :

  • •Désigner une personne qui ne remplit pas les critères de qualification (diplôme + expérience) exigés par le MDR
  • •Attribuer le rôle de PRRC à un collaborateur déjà surchargé, qui ne peut pas exercer effectivement ses responsabilités
  • •Ne pas documenter formellement la désignation, les responsabilités et les moyens mis à disposition de la PRRC
  • •Pour les PME externalisant : ne pas disposer d'un contrat formel démontrant la disponibilité permanente et continue

La solution :Formalisez la désignation de votre PRRC avec un document décrivant ses qualifications, ses responsabilités et les moyens à sa disposition. Si vous êtes une PME, envisagez l'externalisation auprès d'un cabinet spécialisé qui garantit la conformité Article 15 et la disponibilité permanente.

3

Traiter la surveillance après commercialisation comme une formalité

Sous les anciennes directives, la surveillance après commercialisation (PMS — Post-Market Surveillance) était souvent un exercice minimal. Le MDR a radicalement changé la donne : le PMS doit être un système proactif, structuré et documenté.

Les lacunes fréquemment observées :

  • •Un plan PMS générique qui ne reflète pas les spécificités du dispositif et de son utilisation clinique
  • •L'absence de collecte systématique de données post-marché (retours utilisateurs, données de vigilance, littérature scientifique)
  • •Des PSUR (rapports périodiques de sécurité actualisés) incomplets ou non actualisés pour les dispositifs de classes IIa, IIb et III
  • •L'absence de lien entre les données PMS et la mise à jour de la gestion des risques et de l'évaluation clinique

Impact concret :Un système PMS insuffisant est un motif de non-conformité majeure lors des audits de surveillance de l'organisme notifié. Il peut entraîner la suspension de votre certificat CE, soit le retrait de facto de vos dispositifs du marché européen.

La solution :Concevez votre plan PMS comme un document vivant, spécifique à chaque dispositif. Définissez des indicateurs mesurables, des seuils d'alerte et des processus de remontée. Intégrez le PMS dans votre boucle qualité globale.

4

Se tromper de classification ou ne pas la réévaluer

La classification des dispositifs médicaux a été significativement modifiée par le MDR. De nouvelles règles de classification ont été ajoutées, et plusieurs produits ont été surclassés par rapport aux anciennes directives. Pourtant, de nombreux fabricants continuent de se baser sur leur classification historique.

Les pièges les plus fréquents :

  • •Conserver une classification MDD sans la réévaluer au regard des 22 règles de l'Annexe VIII du MDR
  • •Ignorer les nouvelles règles spécifiques (Règle 11 pour les logiciels, Règle 21 pour les substances, etc.)
  • •Ne pas prendre en compte les accessoires qui sont désormais classifiés indépendamment du dispositif principal
  • •Oublier que les logiciels de santé (SaMD) ont été massivement surclassés par la Règle 11 du MDR

Impact concret :Une erreur de classification peut invalider l'ensemble de votre procédure d'évaluation de la conformité. Si vous découvrez tardivement que votre dispositif est en classe supérieure, vous devez reprendre le processus depuis le début avec l'intervention d'un organisme notifié.

La solution :Réévaluez systématiquement la classification de chaque dispositif de votre portefeuille selon les règles du MDR. Documentez votre raisonnement de classification et faites-le valider par un expert réglementaire. Si le dispositif a changé de classe, anticipez l'impact sur votre stratégie de conformité.

5

Attendre le dernier moment pour préparer la documentation technique

La documentation technique sous le MDR est considérablement plus exigeante que sous les anciennes directives. Les fabricants qui attendent la fin du développement pour constituer leur dossier technique se retrouvent invariablement dans une situation de crise.

Les conséquences de la procrastination documentaire :

  • •Des informations de conception manquantes car non documentées en temps réel pendant le développement
  • •Une gestion des risques rétrospective plutôt que proactive, ce qui est contraire à l'esprit de l'ISO 14971
  • •L'absence de traçabilité entre les exigences, la conception et la vérification/validation
  • •Un dossier hétérogène et incohérent qui soulèvera de nombreuses questions lors de l'audit de l'organisme notifié

Impact concret :Reconstituer une documentation technique a posteriori peut prendre 6 à 18 mois et mobiliser des ressources considérables. Sans compter que certaines données (justification de conception, V&V) sont impossibles à recréer si elles n'ont pas été documentées en temps réel.

La solution : Intégrez la documentation technique dès le début de votre projet de développement. Utilisez un système de gestion documentaire structuré, définissez des modèles de documents conformes aux Annexes II et III du MDR, et documentez chaque décision de conception au moment où elle est prise.

En résumé : anticipez, structurez, faites-vous accompagner

1
Évaluation clinique : Investissez dans une évaluation clinique robuste dès le départ
2
PRRC : Formalisez la désignation et les moyens de votre PRRC
3
PMS : Construisez un système PMS proactif et spécifique à vos dispositifs
4
Classification : Réévaluez votre classification selon les règles du MDR
5
Documentation technique : Documentez en temps réel, dès la phase de conception

Le MDR n'est plus nouveau, et les excuses liées à la transition ne sont plus recevables en 2025. Les organismes notifiés, les autorités compétentes et les clients attendent des fabricants une maturité réglementairedémontrable. Chaque erreur évitée est du temps et de l'argent économisés, et surtout une garantie de sécurité pour les patients.

Évitez ces erreurs : faites-vous accompagner par des experts

Norvia accompagne les fabricants de dispositifs médicaux dans leur mise en conformité MDR. Audit réglementaire, marquage CE, PRRC externalisée, documentation technique — nous vous aidons à éviter les pièges et à accélérer votre accès au marché.